IRHD

Unité normalisée de dureté par indentation des caoutchoucs vulcanisés et élastomères thermoplastiques, exprimée en degrés IRHD (10 à 100), utilisée en complément des mesures Shore.

Mesurer la dureté IRHD (degré international de dureté caoutchouc) revient à quantifier une dureté d’indentation à partir de l’enfoncement d’un indenteur sous une précharge puis une charge principale. La différence d’enfoncement est convertie en degrés IRHD à l’aide d’un référentiel normalisé.

La dureté IRHD est souvent utilisée comme méthode complémentaire au Shore, notamment quand on recherche une approche plus instrumentée et plus reproductible, ou lorsque la géométrie et l’épaisseur disponibles rendent un contrôle Shore moins robuste. Les valeurs peuvent être proches de celles en Shore A dans des cas courants, mais elles ne sont pas interchangeables sans préciser la méthode et les conditions d’essai.

Ce que mesure l IRHD et comment lire un résultat

Le résultat est exprimé en IRHD, une échelle sans dimension généralement utilisée entre 10 et 100 IRHD. Comme pour toute mesure de dureté sur élastomère, la viscoélasticité et les conditions d’essai influencent le chiffre final.

  • Grandeur restituée : dureté d indentation, déduite d une profondeur d enfoncement sous charges normalisées.
  • Unité reportée : degrés IRHD, typiquement exploités de 10 à 100 selon la méthode retenue.
  • Comparabilité : un résultat n est comparable que si la méthode (IRHD N, H, L ou M), la préparation et la température sont identiques.

IRHD vs Shore : complémentarité et non conversion

IRHD et Shore reposent sur des dispositifs et des protocoles différents. En production, on rencontre la tentation de convertir un chiffre Shore A en dureté IRHD, mais cette simplification masque des écarts possibles liés à l épaisseur, au support et au temps de contact.

  • Risque de conversion directe : une règle fixe du type Shore A = IRHD n est pas valide sans étude de corrélation sur un matériau et une géométrie donnés.
  • Épaisseur et support : une pièce trop fine peut donner une dureté artificiellement élevée, car l indenteur est influencé par le support.
  • Conditions thermiques : un contrôle effectué à température non stabilisée peut déplacer la valeur, surtout sur des revêtements souples.

Dans le contexte des revêtements de rouleaux, les conditions de mesure de dureté doivent être encadrées. Les règles de contrôle liées au Shore (épaisseur minimale et conditions de laboratoire) structurent déjà cette exigence, voir caractéristiques de dureté.

Familles de méthodes IRHD et points de vigilance atelier

Le corpus IRHD distingue plusieurs variantes (normal, high, low, micro) afin d adapter la sensibilité à la plage de dureté et à la taille de la pièce. Sur des surfaces de rouleaux, l état de surface et la courbure peuvent devenir des facteurs d écart si l on ne cadre pas le protocole.

  • IRHD N (normal) : méthode de référence pour comparer des compounds sur éprouvettes suffisamment épaisses.
  • IRHD H et IRHD L : variantes visant une meilleure sensibilité respectivement vers les caoutchoucs durs ou très souples.
  • IRHD M (micro) : utile sur petites sections, mais plus sensible à la peau, à la rugosité et aux gradients proches surface.
🛠️

Ce terme correspond à votre besoin ?

Décrivez votre application, nos techniciens vous orientent vers le revêtement et la dureté adaptés.

Demander un devis →
Devis gratuit
Étude technique
Fabrication sur mesure

Ce que le degré IRHD change dans le choix d un revêtement

En garnissage, la dureté est un paramètre de compromis entre conformabilité, tenue mécanique et comportement dynamique. La démarche consiste à relier la dureté mesurée à l usage, puis à sécuriser la reproductibilité par un protocole adapté.

  • Contact produit : une dureté plus faible favorise l empreinte et la répartition de pression, au prix d une sensibilité accrue aux déformations.
  • Contraintes mécaniques : une dureté plus élevée améliore la tenue sous charge et la résistance au marquage, selon le mélange et l application.
  • Choix matière : le matériau compte autant que le chiffre, un caoutchouc HNBR et un silicone peuvent afficher des duretés proches tout en ayant des comportements thermiques différents.

Pour relier dureté et fonction, on peut recouper la mesure avec la logique de sélection du garnissage de rouleaux et, selon le cas, avec la famille de matériau, par exemple revêtement caoutchouc.

Contrôle de dureté en pratique chez ENRI

Chez ENRI, la dureté est pilotée comme une donnée de contrôle associée au revêtement élastomère et à la géométrie du rouleau ou de la pièce. Les exigences d épaisseur et de conditions de mesure structurent la comparabilité des contrôles, notamment avec une température de laboratoire de 23 ±2°C et des épaisseurs minimales liées à la dureté (9 mm jusqu à 50 Shore A, 6 mm au dessus), selon les caractéristiques de dureté.

  • Cas caoutchouc HNBR haute température : les revêtements RIBBER HTG et RIBBER SHT sont spécifiés respectivement à 75-95 Shore A et 70-90 Shore A +/-5, avec une plage thermique (sec) de -150°C à +240°C, ce qui oriente le choix de la méthode de contrôle et les conditions de stabilisation de la pièce avant mesure (voir RIBBER HTG et RIBBER SHT).
  • Multiplication des points sur rouleaux : pour une pièce de table maximum de 2500 mm, la dureté est relevée en cinq endroits (trois points espacés de 120° au milieu, plus un point à chaque extrémité à 10% de la longueur revêtue), afin d identifier une dispersion locale plutôt qu un seul chiffre moyen.
  • Lecture complémentaire au Shore : lorsque le cahier des charges exprime une dureté IRHD (dureté IRHD) plutôt qu un Shore A, le rapport d essai doit préciser la méthode et les conditions, pour éviter une assimilation directe entre échelles lors de la réception ou d un contrôle après fabrication.

À ne pas confondre avec la nature du matériau

IRHD n est pas un type de caoutchouc, mais une méthode de mesure. Deux matériaux différents peuvent présenter une dureté similaire tout en ayant des comportements très différents en service, par exemple en tenue thermique.

  • Matériau vs valeur : une même dureté n implique ni la même résistance à l abrasion, ni la même tenue en température.
  • Vulcanisation : le niveau de réticulation influence fortement la dureté mesurée, d où l intérêt de relier le contrôle à un process maîtrisé, voir notre fiche sur la vulcanisation.
  • Famille élastomère : la lecture doit rester cohérente avec la famille (caoutchouc, silicone, polyurethane), voir notre fiche sur l élastomère.
Appeler Email